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Le Brésil, l’éternel survivant des Coupes du monde 

Il y a des grandes nations du football… et il y a le Brésil. Depuis la création de la Coupe du monde en 1930, la Seleção est la seule équipe au monde à n’avoir manqué aucune édition du tournoi. Une constance historique qui fait du pays bien plus qu’un simple participant : une véritable légende vivante du football mondial. 

Alors que des géants comme l’Allemagne, l’Italie, l’Argentine ou la France ont connu des absences ou des éliminations surprises, le Brésil, lui, a toujours répondu présent. De Pelé à Ronaldo, de Romário à Ronaldinho, jusqu’à Neymar, chaque génération a porté haut les couleurs jaune et vert avec le même héritage : gagner ou faire rêver. 

Avec cinq titres mondiaux, un record absolu, le Brésil ne se contente pas d’être fidèle au rendez-vous : il domine l’histoire. Son style flamboyant, fait de dribbles, de créativité et de samba, a transformé le football en spectacle. 

Plus qu’une équipe, le Brésil est devenu une tradition de la Coupe du monde. 

Sans la Seleção, le Mondial ne serait tout simplement pas le même. 

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Trump promet 1 000 $ à chaque bébé américain 

 
Le président américain Donald Trump a annoncé une nouvelle mesure économique destinée à offrir à chaque nouveau-né un capital de départ de 1 000 dollars, affirmant vouloir donner à tous les enfants « une chance équitable de réaliser le rêve américain ». 

Le programme, baptisé « Trump Accounts », prévoit l’ouverture automatique d’un compte d’investissement au nom du bébé, alimenté par un versement fédéral unique de 1 000 $. 

L’argent sera placé dans des fonds indiciels à faible coût et restera bloqué jusqu’à la majorité de l’enfant, afin de croître grâce aux intérêts composés. 

Les parents, proches ou employeurs pourront également ajouter des contributions annuelles, transformant ce compte en épargne à long terme pour financer plus tard des études, un logement ou un projet professionnel. 

La Maison-Blanche présente l’initiative comme un outil de réduction des inégalités patrimoniales. Mais des économistes restent prudents : le rendement dépendra des marchés financiers et les familles modestes pourraient ne pas avoir les moyens d’alimenter davantage le compte. 

Avec cette mesure, Trump mise sur un message simple : faire de chaque naissance un investissement pour l’avenir économique du pays. 

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CPT : 22 mois de pouvoir, 10 000 morts et aucun contrôle 

Le Conseil présidentiel de transition s’approche de la sortie comme il est entré : dans le désordre, l’improvisation et l’échec. 

Dans quelques semaines, le CPT laissera sa trace dans l’histoire d’Haïti. Mais pas celle d’un organe de sauvetage national. Plutôt celle d’une autorité dépassée, incapable d’arrêter l’effondrement sécuritaire du pays. 

Le chiffre glace le sang. 

En moins de deux ans, d’avril 2024 à décembre 2025, plus de 10 000 Haïtiens ont été tués dans la violence liée aux gangs, selon les données compilées par les Nations Unies. Une hécatombe silencieuse, presque banalisée. 

Pour la seule année 2024, plus de 5 600 morts, des milliers de blessés, près de 1 500 enlèvements. 

Ce ne sont plus des statistiques. 

C’est une génération qui disparaît. 

Un État absent, des gangs tout-puissants 

Pendant que les autorités multipliaient réunions, discours et remaniements politiques, les gangs, eux, gagnaient du terrain. 

L’Artibonite est devenu un champ de bataille. 

Des communes entières, Gros-Morne, Liancourt, L’Estère, Verrettes, Petite-Rivière, Marchand-Dessalines, vivent au rythme des fusillades, pillages et incendies criminels. Les groupes armés comme Kokorat San Ras, Gran Grif, Taliban, 400 Mawozo imposent leur loi plus efficacement que l’État. 

À Petite-Rivière, les attaques se succèdent presque sans interruption. 

Les habitants ne parlent plus de sécurité. 

Ils parlent de survie. 

Même scénario dans le Plateau Central, à Mirebalais, ou dans les hauteurs de Kenscoff où les assauts ont fait des centaines de victimes. 

Quant à Port-au-Prince, la capitale ressemble désormais à une ville en guerre. Des quartiers rayés de la carte. Des familles déplacées. Des écoles fermées. Des commerces détruits. 

La coalition criminelle « Viv Ansanm » a laissé derrière elle des scènes comparables à celles d’une catastrophe naturelle. 

Sauf qu’ici, ce n’est pas un séisme. 

C’est l’effondrement de l’autorité publique. 

Instabilité politique et décisions incohérentes 

En 22 mois, le CPT a changé Premiers ministres, remplacé chefs de police, remanié cabinets… sans résultat concret. 

Chaque décision semble improvisée. 

Chaque crise engendre une autre crise. 

Le renvoi du Premier ministre Garry Conille a d’ailleurs coïncidé avec une nouvelle flambée de violences. Comme si l’État, déjà fragile, se tirait lui-même une balle dans le pied. 

Pendant ce temps, les gangs avancent. 

Toujours. 

Quand le politique cède au mystique 

Mais le moment le plus troublant reste peut-être ailleurs. 

Alors que la population réclamait un plan sécuritaire clair, des stratégies et des actions concrètes, le président du CPT, Leslie Voltaire, a choisi… la prière. 

En déplacement au Vatican, il a publiquement demandé à la Vierge Notre-Dame du Perpétuel Secours « d’opérer un miracle pour neutraliser les gangs ». 

Un symbole fort. 

Et inquiétant. 

Car lorsqu’un pouvoir politique en arrive à implorer le ciel au lieu de gouverner la terre, c’est souvent le signe que l’État a abdiqué. 

Haïti n’a pas besoin de miracles. 

Haïti a besoin d’institutions fonctionnelles, d’une police équipée, d’une justice opérationnelle et d’un leadership responsable. 

Le verdict de l’histoire 

Le bilan du CPT est brutal : 

Plus de morts, plus de territoires perdus, plus de déplacés, plus de peur. 

Moins d’État. 

Moins d’espoir. 

La transition qui devait stabiliser le pays aura finalement accompagné sa descente. 

L’histoire retiendra que pendant que les Haïtiens tombaient sous les balles, leurs dirigeants discutaient, voyageaient… et priaient. 

La transition devait sauver la nation. 

Elle aura surtout illustré l’impuissance du pouvoir. 

Et Haïti, elle, continue de payer le prix. 

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Église contre Vodou : l’hypocrisie religieuse qui ronge la société haïtienne

En Haïti, on condamne le Vodou en plein jour… et on l’imite en secret la nuit.
Depuis des décennies, une partie du discours religieux présente le Vodou comme la source de tous les malheurs du pays : pauvreté, insécurité, instabilité politique, catastrophes naturelles. Pour certains prédicateurs, le responsable est déjà trouvé : « les esprits », « la sorcellerie », « les lwa ».


Pourtant, cette accusation répétée cache une réalité plus dérangeante : le véritable problème n’est peut-être pas le Vodou, mais l’hypocrisie religieuse qui gangrène la société.


Le Vodou, bouc émissaire permanent


Le Vodou est né dans la douleur de l’esclavage. Il a servi de refuge spirituel, de ciment culturel et même de moteur de la révolution haïtienne.


Et malgré cela, il continue d’être traité comme une honte nationale.
Temples brûlés.
Pratiquants insultés.
Enfants moqués à l’école.
Croyances diabolisées depuis les chaires.


Même reconnu officiellement comme religion, le Vodou reste marginalisé dans son propre pays.


Comment expliquer qu’une pratique aussi profondément enracinée dans l’identité haïtienne soit encore considérée comme illégitime ?


La réponse est simple : le problème n’est pas théologique, il est social et politique.


Pendant ce temps, les églises se multiplient


Dans les villes comme dans les campagnes, un autre phénomène saute aux yeux : les églises poussent partout.


À chaque coin de rue :
un temple,
un ministère,
une mission,
un « centre prophétique ».


La foi devient une industrie.


Bien sûr, toutes les églises ne sont pas à mettre dans le même panier. Beaucoup jouent un rôle social essentiel. Mais il serait naïf d’ignorer certaines dérives.


Car derrière les chants et les prêches, une question se pose : combien cherchent réellement à sauver des âmes… et combien cherchent surtout à gagner de l’influence et de l’argent ?


Des pratiques qui ressemblent à ce qu’on condamne


Le paradoxe est frappant.


Ceux qui dénoncent le Vodou comme « diabolique » proposent parfois :
guérisons miraculeuses,
séances de délivrance,
révélations mystiques,
prophéties personnalisées,
bains spirituels,
objets bénis vendus aux fidèles.


Des pratiques qui, dans d’autres contextes, seraient qualifiées de « superstitions ».


Mais quand cela se passe dans une église, cela devient un « miracle ».
Quand c’est chez un houngan, cela devient de la « sorcellerie ».


Deux poids, deux mesures.


Plus troublant encore : certains observateurs notent que des leaders religieux intègrent discrètement des éléments culturels ou spirituels hérités du Vodou, tout en le condamnant publiquement. Comme si l’on voulait profiter de ses codes… sans jamais lui accorder sa légitimité.


La misère comme terrain d’exploitation
La vérité est dure, mais elle doit être dite.


Dans un pays frappé par :
la pauvreté,
l’insécurité,
le chômage,
l’absence de services de santé,
la population devient vulnérable.


Et quand l’État est absent, les « prophètes », « pasteurs guérisseurs » et « hommes de miracles » occupent le vide.


On promet :
la guérison contre offrande,
la prospérité contre dîme,
la protection contre contribution spéciale.
La foi se transforme en commerce.


Des familles déjà pauvres donnent le peu qu’elles ont, espérant un miracle qui ne vient pas toujours.


Ce n’est plus de la spiritualité. C’est de l’exploitation.


Un faux combat
Pendant que les religions se combattent, les vrais problèmes du pays restent intacts :
corruption,
insécurité,
inégalités,
mauvaise gouvernance.


Accuser le Vodou ou diaboliser une croyance ne construit ni écoles, ni hôpitaux, ni emplois.
Ce conflit sert surtout à détourner l’attention.


Diviser le peuple est plus facile que résoudre ses problèmes.


Pour une vérité plus honnête


Il est peut-être temps d’avoir le courage de dire les choses clairement :
Le Vodou n’est pas l’ennemi d’Haïti.


Et toutes les églises ne sont pas des saints refuges.
Toute pratique religieuse, qu’elle soit chrétienne, vodou ou autre, doit être respectée.
Mais toute dérive, manipulation ou exploitation doit être dénoncée, sans exception.
La foi ne doit jamais devenir un business.


La religion ne doit jamais devenir une arme contre une partie du peuple.


Haïti n’a pas besoin d’une guerre religieuse supplémentaire.
Elle a besoin de lucidité, de tolérance et de responsabilité.


Car au fond, Église et Vodou racontent la même histoire : celle d’un peuple qui cherche espoir et protection dans un pays trop souvent abandonné.
Exploiter cette quête de foi est peut-être le plus grand péché de tous.

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72 heures décisives : la CARICOM presse, MAPOU met sur la table une sortie de crise pour éviter le chaos

La Communauté des Caraïbes (CARICOM) a accordé un ultimatum de 72 heures aux principaux acteurs politiques haïtiens afin de parvenir à un consensus national crédible. Cette exigence a été formulée lors d’une réunion tenue le vendredi 30 janvier avec les différents acteurs politiques du pays, dans un contexte marqué par l’insécurité généralisée, la paralysie institutionnelle et une détresse sociale de plus en plus profonde.

Ce délai, aussi court que symbolique, apparaît comme une ultime tentative d’éviter un nouvel effondrement politique. Plus qu’une simple négociation politique, il s’agit désormais d’une responsabilité historique. Une population éprouvée par les crises successives, les divisions internes et les luttes de pouvoir réclame avant tout stabilité, sécurité et gouvernance efficace. L’intérêt national ne peut plus être relégué au second plan derrière les calculs partisans.

C’est dans ce contexte de forte pression nationale et internationale que le parti politique MAPOU a présenté sa proposition de sortie de crise, baptisée « Alternative Cassation », lors d’une conférence de presse tenue le mardi 27 janvier au restaurant Lima’s, à Delmas 40B. Cette initiative vise à prévenir un vide institutionnel et à favoriser une transition politique ordonnée, fondée sur la légalité, le consensus et la responsabilité collective.

MAPOU appelle à un dialogue inclusif et sincère, impliquant l’ensemble des forces vives de la nation, afin de poser les bases d’un accord politique large, capable d’assurer la continuité de l’État et de répondre aux aspirations légitimes du peuple haïtien. Pour le parti, seule une approche concertée et nationale peut permettre de sortir durablement de l’impasse actuelle.

Alors que le chronomètre tourne, ces 72 heures pourraient s’avérer décisives : soit les dirigeants haïtiens parviennent à s’entendre autour de solutions concrètes, dont celles proposées par MAPOU, soit le pays risque de s’enfoncer davantage dans l’incertitude politique et l’instabilité.

Haïti n’a plus le luxe d’attendre. L’heure est au compromis, non à la confrontation.

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CAREL PÈDRE : LA CHUTE D’UNE ICÔNE ?

L’icône des médias haïtiens, Carel Pèdre, est actuellement au cœur d’une tempête judiciaire et migratoire aux États-Unis. Entre arrestation pour violence domestique et menaces de déportation, sa situation secoue profondément la communauté haïtienne à l’étranger.

Une arrestation choc en Floride

En décembre 2025, le monde des médias haïtiens a été surpris par l’arrestation de Carel Pèdre à Tamarac, dans le comté de Broward, en Floride. Animateur emblématique de Chokarella et surnommé « l’œil d’Haïti », il est accusé de violence domestique, plus précisément de batterie par contact physique.

Les détails précis de l’incident restent flous, mais des voisins auraient été témoins d’une dispute qui a nécessité l’intervention de la police. Cet événement a immédiatement déclenché une onde de choc dans la communauté médiatique et parmi ses nombreux fans.

Le spectre de la déportation

Au-delà de cette affaire criminelle, c’est le statut migratoire de Carel Pèdre qui inquiète le plus.

Transfert à l’ICE : Après avoir payé sa caution pour l’affaire de violence domestique, Carel aurait été placé sous la garde des services de l’immigration (ICE).

Validité du visa : Des questions sérieuses planent sur son titre de séjour. Des rumeurs évoquent un visa diplomatique expiré ou obtenu de manière irrégulière, ce qui pourrait compliquer sa défense et accroître le risque d’expulsion.

Un futur incertain

Alors que ses avocats multiplient les efforts pour éviter une déportation vers Haïti, la pression monte. Dans un contexte américain marqué par une politique migratoire stricte, le cas de Carel Pèdre devient un symbole des défis auxquels sont confrontés les Haïtiens vivant aux États-Unis.

La grande interrogation demeure : l’homme qui a passé sa carrière à mettre Haïti sous les projecteurs parviendra-t-il à défendre sa propre place sur la scène internationale ?

À noter : Carel Pèdre reste présumé innocent des accusations de violence domestique jusqu’au verdict final.

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L’« Alternative Cassation » du parti politique MAPOU à l’épreuve du débat constitutionnel

À l’approche du 7 février 2026, date annoncée comme la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Haïti se retrouve confrontée à une interrogation centrale : comment assurer la continuité de l’État sans s’écarter du cadre constitutionnel ? C’est dans ce contexte que le parti politique MAPOU a récemment présenté une proposition baptisée « Alternative Cassation », qu’il inscrit dans une lecture juridique de la crise institutionnelle actuelle.

Le point de départ de cette initiative repose sur une interprétation stricte des textes encadrant la transition. Selon MAPOU, les dispositions de l’Accord politique du 3 avril 2024 et du décret du 12 avril 2024 ne prévoient aucune possibilité de prolongation du mandat du CPT au-delà du 7 février 2026. Cette position rejoint les interrogations exprimées par certains juristes et observateurs sur la légalité d’un éventuel maintien de l’organe de transition.

L’originalité de la proposition tient au rôle central attribué à la Cour de cassation. Dans un contexte marqué par l’absence de pouvoirs exécutif et législatif pleinement opérationnels, MAPOU considère que l’institution judiciaire demeure la seule structure régulièrement constituée susceptible d’assurer, à titre exceptionnel, la continuité de l’État. Cette hypothèse, qui s’appuie sur l’esprit de la Constitution amendée, renvoie également à des précédents historiques où la justice avait été appelée à jouer un rôle politique transitoire.

Sur le plan pratique, l’« Alternative Cassation » prévoit une transition limitée dans le temps, conduite par un juge de la Cour de cassation désigné à l’issue d’un processus présenté comme transparent et consensuel. La nomination d’un Premier ministre, la fixation d’une durée maximale de douze mois et la définition de priorités sécuritaires et électorales figurent parmi les éléments avancés pour encadrer cette phase exceptionnelle.

MAPOU évoque par ailleurs une période transitoire très courte durant laquelle le Premier ministre actuellement en fonction assurerait la gestion des affaires courantes, exclusivement à des fins administratives. Cette précision vise à répondre aux critiques relatives à une possible prolongation indirecte du mandat en place.

Si cette proposition ne fait pas l’unanimité, elle contribue néanmoins à structurer le débat public autour de la question de la légalité et de la légitimité des mécanismes de transition. Elle soulève aussi des interrogations essentielles : la Cour de cassation dispose-t-elle des moyens politiques et institutionnels pour assumer un tel rôle ? Quels garde-fous seraient nécessaires pour préserver l’équilibre des pouvoirs ? Et dans quelle mesure un consensus national pourrait-il émerger autour de cette option ?

Au-delà de la proposition elle-même, l’initiative de MAPOU met en lumière un besoin plus large : celui d’un débat constitutionnel ouvert, dépassant les considérations partisanes, sur les modalités de sortie de crise. Dans un contexte où la confiance envers les institutions reste fragile, la clarification des règles du jeu apparaît comme un préalable indispensable à toute transition durable.

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Fin du mandat du CPT : le parti MAPOU propose l’« Alternative Cassation » pour éviter le vide institutionnel

À quelques jours de la fin officielle du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), prévue pour le 7 février 2026, le parti politique MAPOU est monté au créneau ce mardi lors d’une conférence de presse tenue au restaurant Lima’s, afin de présenter sa lecture de la conjoncture nationale et proposer une issue constitutionnelle à la crise actuelle, baptisée « Alternative Cassation ».

Face aux médias, les dirigeants de MAPOU ont dressé un tableau sombre mais lucide de la situation du pays, marquée depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021, par une crise multidimensionnelle : insécurité généralisée, effondrement des institutions, détérioration accélérée des conditions de vie et paralysie de l’appareil étatique.

Un mandat arrivé à terme, sans possibilité de prolongation

S’appuyant sur l’Accord politique du 3 avril 2024 et le décret du 12 avril 2024 ayant institué le CPT, MAPOU rappelle que le mandat de cette structure de transition arrive irrévocablement à expiration le 7 février 2026, conformément aux articles 12.1 et 13 de l’Accord, repris à l’article 10 du décret.
Selon le parti, aucune base légale ou constitutionnelle ne permet une prolongation de ce mandat.

C’est dans ce contexte que Jean-Daniel COLIN, président du parti MAPOU, a procédé à la lecture de la partie introductive de la déclaration officielle, mettant en avant l’obligation constitutionnelle d’assurer la continuité de l’État et d’éviter tout vide institutionnel susceptible d’aggraver la crise nationale.

La Cour de cassation comme pivot de la transition

Dans une analyse juridique fondée sur l’article 59 de la Constitution amendée, MAPOU constate que, dans la situation actuelle, les pouvoirs exécutif et législatif ne sont pas fonctionnels, laissant la Cour de cassation comme seule institution régulièrement constituée et opérationnelle, co-dépositaire de la souveraineté nationale.

Fort de précédents historiques où l’institution judiciaire avait assuré la direction de transitions politiques, le parti estime que cette option a permis, par le passé, une certaine stabilité institutionnelle dans des contextes exceptionnels.

Les résolutions de MAPOU : une transition exceptionnelle et encadrée

Prenant la parole, le Secrétaire général du parti, Nikson ATHIS, a présenté les principales résolutions issues de la déclaration politique de MAPOU.
Le parti affirme notamment que :

  • la continuité de l’État est une obligation constitutionnelle non négociable ;
  • la Cour de cassation apparaît comme l’unique institution légitime pour conduire la transition ;
  • un juge de la Cour de cassation, reconnu pour son intégrité, sa compétence et sa neutralité politique, devrait être désigné à l’issue d’un processus transparent et consensuel pour diriger cette transition ;
  • un Premier ministre serait nommé par le président de transition, en concertation avec les forces vives de la nation ;
  • la durée de la transition ne devra pas excéder douze (12) mois.

MAPOU fixe également comme missions prioritaires de cette transition le rétablissement de l’autorité de l’État, le renforcement de la Police nationale et des Forces armées d’Haïti, ainsi que l’évaluation et le renforcement des capacités du Conseil électoral en vue de l’organisation d’élections générales libres, honnêtes et démocratiques.

Le parti précise enfin que toute assistance internationale éventuelle devra se faire sous l’autorité des institutions haïtiennes, dans le strict respect de la souveraineté nationale.

Une transition sans prolongation déguisée

Concernant la gestion immédiate de l’exécutif après le 7 février 2026, MAPOU estime que le Premier ministre actuellement en fonction pourrait assurer, à titre provisoire, la gestion des affaires courantes pour une période maximale de trente (30) jours, uniquement afin d’éviter un vide administratif, avant l’installation du nouveau gouvernement de transition. Le parti insiste sur le fait que cette mesure ne saurait être interprétée comme une prolongation politique du mandat en cours.

Un appel au dialogue national

La conférence de presse s’est conclue par un appel solennel de MAPOU au dialogue avec l’ensemble des forces politiques, sociales et citoyennes sincèrement engagées dans la recherche d’une solution nationale, constitutionnelle et démocratique à la crise.

Autour de la table de la conférence figuraient également Jean Victor PIERRE-LOUIS, Secrétaire général adjoint du parti, Abraham CHEVRY, Responsable Politique du parti, Keline MARCELIN, Wilnie SAINTIL, vice-présidente et conseillère de la coordination Fanm MAPOU, ainsi que Gerline NORDEUS, porte-parole de la coordination Fanm MAPOU.

Dans un contexte d’incertitude croissante, l’« Alternative Cassation » proposée par MAPOU relance le débat sur les mécanismes constitutionnels de sortie de crise et place la question de la continuité de l’État au cœur de l’agenda politique national.

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Scandale dans le secteur du shipping : plus de neuf palettes de colis TTS Loyalty saisies par la Douane, des dizaines de victimes abandonnées

Un nouveau scandale secoue le secteur du transport maritime et aérien en Haïti. Ce mercredi, l’Administration générale des douanes (AGD) a procédé à la saisie de plus de neuf palettes de colis abandonnés dans les entrepôts d’AmerikJet. Ces colis appartiendraient à la société de shipping TTS Loyalty, anciennement opérationnelle sous ce nom sur le territoire haïtien.

Selon les informations recueillies par Actualité News, TTS Loyalty disposait d’un bureau officiel à Pétion-Ville et offrait ses services dans plusieurs villes du pays, notamment Gonaïves, Saint-Marc, Cap-Haïtien et Les Cayes. L’entreprise est dirigée par Joël Vixama, résidant aux États-Unis, tandis que la gestion locale aurait été assurée par Mike Audena, présenté comme responsable en Haïti.

Des colis abandonnés depuis février 2025

Les palettes saisies seraient entrées sur le territoire haïtien au nom de Mike Audena et auraient été abandonnées depuis le 24 février 2025, sans aucune démarche officielle pour leur dédouanement. Depuis mars 2025, TTS Loyalty aurait fermé toutes ses portes en Haïti, laissant derrière elle des centaines de colis sans suivi, sans information et sans recours clair pour les clients.

Ces palettes contenaient des effets personnels, des marchandises commerciales, ainsi que des achats en ligne envoyés depuis les États-Unis vers Haïti. Les colis concernaient aussi bien des familles recevant de l’aide de proches vivant à l’étranger que de petits commerçants, de jeunes professionnels et même des personnes malades attendant des médicaments introuvables localement.

Des frais exorbitants et des clients livrés à eux-mêmes

D’après les estimations obtenues, le bordereau initial des colis s’élevait à environ 6 560 dollars américains, auxquels se sont ajoutés des frais de stockage journaliers, atteignant un montant estimé à près de 40 000 dollars US.

Plus de cinquante clients affirment avoir perdu leurs marchandises, leurs effets personnels et parfois l’intégralité de leurs économies.

Certains témoignages font état de clients prêts à payer jusqu’à dix fois le montant initialement dû afin de récupérer leurs colis. Malgré ces tentatives, aucun responsable n’aurait pris le dossier au sérieux. Pire encore, selon plusieurs victimes, des interventions extérieures auraient délibérément compliqué les démarches collectives entreprises pour sauver les colis.

Le rôle controversé d’Olandeuse « Landie » St-Fleur

Le nom d’Olandeuse St-Fleur, fiancée de Joël Vixama, revient de manière récurrente dans les témoignages. Présentée comme la personne chargée de suivre les démarches en Haïti, elle aurait été, selon plusieurs sources, le seul contact local direct du propriétaire de l’entreprise durant cette période.

Des clients affirment qu’elle leur aurait déclaré que si les colis devaient être récupérés avec l’argent des clients, ils pouvaient être considérés comme perdus, reprochant à ces derniers d’être « trop insistants ». Ces propos auraient été tenus après que les clients ont commencé à la contacter pour demander des explications sur le sort de leurs biens.

Des paiements encaissés, aucune livraison

L’enquête d’Actualité News révèle que de nombreux clients avaient déjà intégralement payé Joël Vixama pour le transport de leurs colis. 

Malgré ces paiements, les clients n’ont jamais reçu de réponse claire concernant la disponibilité ou la livraison de leurs marchandises.

Yadou Shipping, une agence basée aux Cayes qui utilisait TTS Loyalty pour l’acheminement des colis vers Haïti, a déclaré avoir subi de lourdes pertes.

Non seulement l’agence avait prêté 5 000 dollars américains à Joël Vixama en mars 2025 afin de faciliter le suivi douanier des colis, mais elle affirme également avoir perdu des marchandises dont la valeur est estimée à 30 000 dollars, parmi les colis saisis par la douane.

Un client ayant tenté de coordonner les démarches pour l’ensemble des victimes dénonce une absence totale de volonté de la part des responsables de l’entreprise. Il affirme avoir écrit à plusieurs reprises à Joël Vixama pour lui signaler que les clients étaient prêts à faire des sacrifices financiers importants afin de récupérer leurs biens, sans jamais obtenir de réponse.

Selon ce même témoin, il dispose de preuves écrites, messages et documents démontrant que l’abandon des colis aurait été volontaire, et que des conflits personnels, familiaux et des intérêts privés auraient été mêlés à la gestion de l’entreprise, au détriment exclusif des clients.

Une perte estimée à plus d’un milliard de gourdes

Avec la saisie des palettes par la Douane ce 22 janvier, les victimes disent avoir perdu tout espoir. En effet, une fois les marchandises sous contrôle douanier, l’administration dispose du pouvoir légal de décider de leur sort.

La valeur globale des marchandises et effets personnels abandonnés est estimée à plus d’un milliard de gourdes.

Dernier rebondissement : Olandeuse St-Fleur aurait informé certains clients qu’elle tenterait des démarches afin qu’ils puissent racheter leurs propres colis lors d’une éventuelle vente aux enchères douanière — une situation jugée révoltante par les victimes.

Un vide juridique inquiétant

Ce dossier met en lumière l’absence de réglementation stricte encadrant les maisons de shipping en Haïti. Ces entreprises se multiplient, tandis que l’État n’offre aucune garantie réelle aux citoyens qui utilisent leurs services.

Actualité News lance un appel pressant aux autorités compétentes afin que ce dossier soit transmis là où de droit, que les victimes soient indemnisées, et que Joël Vixama, Mike Audena et Olandeuse St-Fleur, cités comme responsables directs ou coresponsables, répondent de leurs actes devant la justice.

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CPT : entre revirement politique, échecs répétés et tentation de confiscation du pouvoir

Le récent revirement de Leslie Voltaire, ex-coordonnateur du Conseil présidentiel de transition (CPT), illustre une fois de plus la dérive préoccupante de cette instance censée conduire Haïti vers la stabilité. Alors qu’il avait annoncé publiquement le départ des conseillers du CPT pour le 7 février, il a finalement affirmé, lors d’une réunion tenue le 18 janvier avec certains partis politiques, que les membres du Conseil ne quitteraient plus leurs fonctions à cette date.

Ce changement de discours, sans explication claire ni base légale solide, alimente la méfiance de la population et renforce le sentiment que le CPT navigue à vue, au gré des intérêts politiques du moment. Plus inquiétant encore, Leslie Voltaire a évoqué la possibilité de revoir la composition du Conseil, en réduisant le nombre de conseillers de neuf à cinq, voire trois. Présentée comme une réforme visant à améliorer l’efficacité, cette proposition ressemble davantage à une manœuvre politique qu’à une véritable solution aux crises profondes du pays.

Car il faut le dire sans détour : le CPT a échoué dans les missions essentielles qui lui ont été confiées.

Un échec cuisant sur le plan sécuritaire

La sécurité, priorité absolue du mandat de transition, reste hors de contrôle. Les gangs continuent d’imposer leur loi, des quartiers entiers échappent à l’autorité de l’État, et la population vit dans une peur permanente. Aucune stratégie claire, aucun résultat tangible n’a été présenté par le CPT pour inverser cette spirale de violence. Le Conseil semble davantage occupé par des calculs politiques internes que par la protection des citoyens.

Des élections promises, mais jamais organisées

Autre mission fondamentale : l’organisation d’élections crédibles. Là encore, le CPT a failli. Les délais s’accumulent, les promesses se répètent, mais le processus électoral demeure au point mort. Aucun calendrier réaliste n’est respecté, aucune avancée majeure n’est visible. Pendant ce temps, le pays reste sans institutions légitimes issues du suffrage populaire.

La tentation du renouvellement de mandat

Dans ce contexte d’échecs répétés, l’idée que les membres du CPT puissent envisager un renouvellement de leur mandat est tout simplement inacceptable. Une transition n’a pas vocation à se perpétuer. Elle est, par définition, limitée dans le temps et orientée vers un objectif clair : remettre le pouvoir à des autorités légitimes et capables.

Le 7 février 2026 : une date non négociable

Tôt ou tard, le CPT devra quitter le pouvoir. La date du 7 février 2026 doit être considérée comme une ligne rouge. Au-delà, toute prolongation du mandat du Conseil serait perçue comme une confiscation du pouvoir, aggravant davantage la crise politique et institutionnelle.

Haïti n’a pas besoin d’un CPT reconfiguré, réduit ou prolongé. Le pays a besoin d’une entité crédible, compétente et légitime, capable de gérer la crise sécuritaire, de restaurer la confiance et d’organiser enfin des élections libres et transparentes.

L’histoire jugera sévèrement toute tentative de s’accrocher au pouvoir au détriment de l’intérêt national. Le temps de la transition touche à sa fin. Il appartient désormais au CPT de choisir entre un départ responsable ou une sortie par le discrédit.

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