À quelques semaines de la fin de son mandat, le Conseil présidentiel de transition (CPT) adopte un décret controversé qui suscite de vives inquiétudes au sein du secteur médiatique. Publié dans Le Moniteur sans débat public, le texte renforce les dispositions pénales liées à la diffamation, une décision dénoncée par le Committee to Protect Journalists (CPJ).
Dans une note publiée le 16 janvier, le CPJ appelle les autorités haïtiennes à retirer ce décret, estimant qu’il constitue un sérieux recul pour la liberté d’expression et le droit du public à l’information. Le document prévoit des peines pouvant aller jusqu’à trois ans de prison pour la diffusion de contenus jugés illicites.
Les sanctions sont encore plus sévères lorsque les propos visent les héros de l’indépendance, les symboles nationaux ou le patrimoine haïtien, avec des peines de prison pouvant atteindre vingt ans et des amendes importantes.
Le décret impose également à tous les médias, y compris les plateformes numériques et les réseaux sociaux, une reconnaissance officielle auprès du Conseil national des télécommunications (CONATEL), en coordination avec les autorités compétentes. Une mesure perçue comme un renforcement du contrôle de l’État sur l’espace médiatique.
Pour les organisations de défense de la presse, ce durcissement juridique, à l’approche des premières élections présidentielles depuis plus d’une décennie, envoie un signal préoccupant sur l’avenir de la liberté de la presse en Haïti.





