La situation de la pandémie de Covid-19 s’aggrave en Haïti.

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Les capacités de soin restent très limitées alors que les cas confirmés de COVID-19 ne cessent pas d’augmenter

Ce jeudi 4 juin, on recense 2 640 cas confirmés et 50 décès. C’est beaucoup, on a vu une évolution très rapide ces derniers jours. Il y a des régions où l’on compte beaucoup de cas qui présentent les symptômes du Covid-19. Nous avons eu le témoignage d’une habitante de Jacmel, le chef lieu du département sud-est. Elle nous disait qu’il y a des cas dans pratiquement chaque famille. Bien entendu, les gens n’ont pas été testés, mais ils disent avoir tous les symptômes du coronavirus (fièvre, perte du goût et de l’odorat, courbatures etc).

Concernant la prévention du Covid-19, il faut savoir qu’il y a des organisations de la société civile qui se regroupent sur une plateforme sous le nom de Proc-19. Ces organisations réalisent toutes les semaines des tournées de sensibilisation dans les quartiers. Et cette plateforme préconise aujourd’hui une sensibilisation ciblée, centrée sur l’individu en recommandant le port du masque et le respect des gestes barrières. Selon la Proc-19, ce n’est plus la peine de s’attarder sur les mesures de confinement, des mesures calquées sur les politiques des pays occidentaux, car cela ne fonctionne pas dans un pays comme Haïti. Selon cette plateforme, il faut insister sur le fait que la maladie existe vraiment, que ce n’est pas un mauvais sort. Il faut que les gens comprennent le mécanisme pour pouvoir se protéger afin de protéger les autres.


En pleine crise sanitaire, une autre menace se profile à l’horizon, avec la saison des ouragans. Selon les pronostics, plusieurs ouragans majeurs pourraient frapper le pays cette année.


Article connexe: Le Nom des ouragans prévue pour la saison cyclonique de l’année 2020

Selon les prévisions de l’université du Colorado, 21 ouragans dont 3 à 5 majeurs sont attendus cette année dans les Caraïbes. Ils pourraient donc s’abattre sur un pays déjà fragilisé par le coronavirus, ce qui représente un danger accru. Car nous sommes dans une période de vulnérabilité extrême. Certains centres qui sont considérés comme des abris provisoires ont été réquisitionnés pour être aménagés en tant que centres de soin pour des patients atteints du Covid-19. Il n’y a pas assez de ressources (matérielles et financières) pour faire face aux deux défis, le coronavirus et les ouragans. Il faut savoir aussi que le pays est devenu plus vulnérable aux impacts d’intempéries que dans le passé. La semaine dernière, des pluies presque ordinaires ont paralysé une partie de la ville de Port-au-Prince. Des éboulements et des inondations ont empêché la circulation et donc certaines activités économiques, car les gens ne pouvaient pas se rendre à leur travail. On paye le prix d’un manque d’investissements dans des systèmes d’assainissement. La plupart des bassins versants restent dans un état très délabré. Chaque pluie amène des dégâts considérables.


Autre sujet qui fait l’actualité local, les déclarations du secrétaire général de l’OEA (l’Organisation des Etats Américains) concernant le mandat du président haïtien.


Oui, parce qu’il y en Haïti une controverse sur la date de la prochaine élection présidentielle. Selon la Constitution, quand les élections sont décalées (comme les précédentes présidentielles), le mandat commence à courir le 7 février de l’année des élections. Un petit rappel : le premier tour de l’élection présidentielle s’était tenu en octobre 2015. Mais le vote a été annulé après des contestations et des fraudes. Le scrutin a eu lieu finalement le 20 novembre 2016. Selon plusieurs organisations politiques et de droits humains, le mandat de cinq ans du président Jovenel Moïse devrait prendre fin le 7 février 2021. Car pour elles, le mandat a débuté en 2016, l’année de l’élection. Or, pour l’OEA qui a demandé aux forces politiques le respect du mandat présidentiel, ce dernier se termine le 7 février 2022. Une lecture qui s’aligne sur une partie des acteurs politiques, notamment des alliés du parti présidentiel PHTK.


Le collectif du 4 décembre dénonce de son côté une « ingérence grossière » du secrétaire général Luis Almagro dans les affaires internes d’Haïti, une ingérence qui, selon le Collectif, est contraire à la charte de l’OEA. Nous sommes confrontés à une crise politique qui se profile à l’horizon et qui risque de s’aggraver. Il convient de signaler que l’après Covid-19 risque d’être une période très difficile pour le pays, sur un plan économique et politique.

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