Le peuple Haïtien ne peut plus respirer

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Aujourd’hui encore, le racisme tue, fait tuer, discrimine, humilie. Sur tous les continents, même aux États-Unis d’Amérique du Nord, malgré les textes internationaux, malgré les lois qui punissent, des millions d’hommes, femmes et enfants en subissent encore les méfaits. Cette impuissance à protéger concrètement les victimes de discrimination pose problème et doit-être revue et réglée, d’abord, par les grandes puissances économiques et politiques, et ensuite planifiée un colloque mondial consacré aux mesures concrètes de lutte contre le racisme.

Elle doit-être également inscrite dans le cadre de la préparation d’une Conférence mondiale contre le racisme et surtout de la discrimination raciale.

Georges Floyd, une victime parmi tant d’autres…
Depuis quelques jours la mort de Georges Floyd, cet Afro-Américain de Minneapolis, aux Etats Unis, interpelle la race humaine, particulièrement celle des noirs, à travers le monde. Une scène qui a été filmée, et en moins de 30 minutes devenait virale dans les médias sociaux. C’était avec de l’amertume, j’ai pu visualiser cette vidéo, à la télévision, d’un homme maîtrisé par un policier, et ceci il y avait mon petit garçon à l’arrière de ma chaise; j’ignorais qu’il y était. A regarder la scène, je croyais que c’était une plaisanterie. Mais la dernière phrase de Floyd au moment de sa transgulation, par le policier blanc Derek Chauvin, était « Je ne peux plus respirer », m’a transmis une colère Dessalinienne… Quelle boucherie !

Pour une énième fois, on a vu le racisme filmé ! Pas vrai. Ce n’est peut-être pas seulement à travers cet acte barbare, mais ce dernier a été révoltant. Tous les haïtiens ou presque le considérant vraiment devraient se sentir humiliés. Mais oui…, Haïti devrait se sentir concerner car on est le premier pays nègre indépendant du monde. A cet effet, une personne morale, de la même façon qu’on félicite les présidents étrangers, déplore la mort des amis, des fonctionnaires de l’Etat, devrait aussi se positionner en faveur de ce citoyen du monde. Absolument, Haïti, pays libérateur doit prononcer son message. Quand on ignore son histoire, la dimension de son poste, l’envergure de sa tâche, le pouvoir de sa place, on ne peut espérer à grand chose.

Mais encore, Aujourd’hui, ne faut-il pas se méfier de la définition simple du mot racisme ou même revoir le préjugé racial qui ne se manifeste pas seulement par une simple question de couleur… ? Chez nous en Haïti nous avons pas mal de Bounty, et oui, ils se prennent pour des blancs. Une commodité reflétant non seulement la population et également nos chefs d’Etat.

Parlons du vrai racisme haïtien en voulant vous faire savoir que la couleur de la peau ne traduit pas forcément votre méchanceté ou votre bonté, que je trouve juste se situer dans l’acte.

Et si nous disons comme Floyd à l’égard du budget national : « Nous ne pouvons plus respirer ».

Il n’y a pas de ligne budgétaire qui permettra aux haïtiens de s’en sortir du marasme socio-politique, économique, qu’on lui présente actuellement. Pas de provisions légales qui répondront graduellement à notre précarité voire penser à notre bonheur. Les prévisions espérées sont déjà dans les poches des vautours, des néo-patrimoniaux. Allez inspecter chez tous ceux qui baignaient dans le pouvoir, vous trouverez une chambre noire qu’on cache l’argent du peuple, les biens publics. Ces hommes sans pitiés passent dans l’Etat pour nous appauvrir davantage et ne se soucient de la misère noire qu’ils ont créée. Ce sont des voleurs destinés.

Et si nous disons comme Floyd avant sa mort à l’endroit des bourgeois confus : « Nous ne pouvons plus respirer ».

Et si nous disons comme Floyd avant sa mort à l’endroit des bourgeois confus : « Nous ne pouvons plus respirer ».

A eux seuls, ils possèdent plus de 95% des richesses de la nation, une bonne raison de croire que la guerre de l’indépendance a été pour cette catégorie de personne. On a une bourgeoisie de Port-au-Prince qui ne mange pas d’igname, de figue-banane, de feuille mais de céréales, du lait, de sucre blanc, ce qui fait qu’on a un pays dont les grandes entreprises sont d’acheter et de revendre. Ils nous importent non seulement de la marchandise mais aussi l’État; ça vous ne la saviez pas hein, et oui l’Etat Haïtien est un État importé. Cette carapace, pour protéger leur camp, leur business, créent les gangs aux côtés des dirigeants politiques, ils mangent dans insalubrité la plus abjecte, ils pillent et se sont souvent des « soufloutchou « du blanc. N’est-pas du vrai racisme qu’on a tout planifié pour que le noir haïtien ne bénéficie de rien. Je me souviens bien de la fameuse phrase du père de la nation, Jean Jacques Dessalines : «… et les pauvres noirs, ceux dont leurs pères sont en Afrique, n’auront-ils rien».

Et si nous disons comme Floyd en regard à la justice : « Nous ne pouvons plus respirer ».

N’êtes vous pas au courant que la population carcérale à travers les différentes juridictions du pays est évaluée à plus de 10.000 détenus et 80% sont en détention préventive prolongée? Vous vous amusez à faire semblant de ne pas savoir que la vie et la dignité humaine ne sont pas respectées. Que nos espaces de détentions sont des centres de maltraitance, discrimination et de corruption. Aujourd’hui, plus de 80% de femmes pour garder leurs postes de travail sont bien obligées de satisfaire à l’avant-garde du patron, du chef sans aucun souci . Auncune enquête n’est lancée en ce sens, et très peu de cas retrouvé se termine en non lieu. C’est l’impunité absolue. Voudriez bien que c’est moi qui vous dise que notre appareil judiciaire est fauché, corrompu et personne n’est épargné. Combien de juges qui sont en prison ? Combien de dossiers classés sans suite ? Combien de dignitaires de l’État épinglés ? Combien de pauvres aphones sont fermés pour un plat de nourriture, une banane ? C’est ça le vrai racisme.

Et si nous disons comme Floyd à l’égard de notre éducation nationale : « Nous ne pouvons plus respirer ».

Ne savez vous donc pas qu’il existe une éducation à multiple vitesse? Des enseignants sans qualification, avec des bâtiments inadéquats, où nos enfants respirent des odeurs nauséabonds. Ils ne peuvent plus respirer. Nos facultés, nos marchés, nos institutions publiques et privées, sont transformés en véritable espace de transgulation.

Et si nous disons comme Floyd au dollar américain : « Nous ne pouvons plus respirer ».

Et si nous disons à l’instar de Floyd à nos fameuses institutions bancaires : « Nous ne pouvons plus respirer ».

Et si nous disons à l’instar de Floyd à nos virulents contrebandiers : « Nous ne pouvons plus respirer ».

Et si nous disons à l’instar de Floyd à nos maires incompétents, nos partis ou particules politiques : « Nous ne pouvons plus respirer ».

Et si nous disons à l’instar de Floyd à notre parlement : « Nous ne pouvons plus respirer ».

Et si nous disons à l’instar de Floyd au secteur textile, aux syndicats : « Nous ne pouvons plus respirer ».

Un pays qui n’a pas de vie sociale ou l’insécurité bat son plein, ou le banditisme est protégé par le chef du CSPN, par avœu.
L’odeur du dollar devient suffoquant, le torchon brûle entre Francklin et Hyppolite, ce qui fait l’affaire de l’Etat usurpateur. Je ne peux pas respirer, nous ne pouvons pas respirer.

Nous devrions combattre l’inégalité sociale. Ne pas donner de promotion à un ministre d’environnement sans qu’il n’ait fait ses preuves par exemple, car il risque de se perdre en devenant le Premier des Ministres. C’est de la boucherie. Là, nous ne pourrons plus respirer.

Pour mieux respirer il faut commencer par combattre la discrimination d’État. Vivre l’harmonie entre les races et les peuples.

Justice Sociale!

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