Haïti-culture : Jamson Isaac tisse sa toile autour de « kò drape » pour déconstruire les stéréotypes sur la nudité et faire ressentir des émotions

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La société évolue, les stéréotypes demeurent encore ancrés dans notre esprit. Ces attitudes nous conduisent souvent à des inégalités entre les deux sexes, entraînant des discriminations. Jamson Isaac, étudiant de l’Ecole Nationale des Arts (ENARTS), dans le but de déconstruire les idées toutes faites émanant de la nudité des femmes pour montrer l’esthétique de chaque courbe, nous apporte « kò drape ». Cette exposition « d’œuvre d’art » aura lieu au collège Jean XXIII de Gros-Morne, ce 29 décembre 2020. Son rôle est de faire comprendre le spectre symbolique des images tout en luttant contre les formes de pensées à l’égard des personnes nues.

De manière générale, les gens limitent l’Art aux objets se trouvant dans un musée. Pourtant, sa mission est toute autre, selon Jamson Isaac. D’où la raison de son projet d’exposition dénommé « kò drape » qui consiste à cacher le nu pour mieux le révéler.

« Kò drape », comme son nom l’indique, est formé de deux mots qui sont : corps et drap. Le « kò drape (corps drapé) », pour reprendre les dires de l’artiste, est quelque chose qui à la fois, cache mais aussi montre, révèle le corps nu. Bien avant de restituer la complexité d’un drap jeté sur le corps, « il faut passer par le dessin du corps nu », nous souligne le plasticien.

Le drap, dans le domaine de la peinture, n’a pas de forme en soi. « Son apparence est soumise à la forme même du nu » et désigne la façon dont des morceaux d’étoffe, d’habit ou tout autre élément de la même famille s’est plié sur un corps nu au point parfois de dégager une certaine sensualité. La notion drapé quant à lui, est considérée comme accessoire cachant, montrant le corps, qui exprimait des passions, des émotions, avec pour point d’origine l’Antiquité.

Comme l’essence même des œuvres artistiques est l’esthétique, l’art est un domaine qui concerne toute créativité de l’homme visant la « beauté ». « Toute personne qui crée d’œuvre peut-être considérée comme artiste », a précisé l’étudiant de l’ENARTS tout en rappelant le rôle de l’artiste qui est « d’amener l’autre à réfléchir et à bien observer. »

Pour lui, un œuvre d’Art doit nous amener à remettre en question notre compréhension et vision de la réalité. « kò drape » n’est pas différent de cette démarche. Le jeune artiste utilise, pour cette œuvre d’art, les pastels qui sont un medium artistique et la technique de marouflage qui consiste à fixer une surface légère sur un support plus solide et rigide à l’aide d’une colle forte dite « maroufle » qui durcit en séchant.

Le « kò drape » doit interroger, voire déranger les spectateurs qui auront à participer dans cette journée d’exposition et ceci, dans tous ses rapports avec l’environnement qui les entoure, dans le but de leurs apporter et faire ressentir des émotions, a-t-il mentionné.

Notons que le terme « œuvre d’art » peut-être utilisé pour désigner tout travail artistique comme dans le domaine de la danse, de la littérature, de la musique, entre autres.

Le plasticien donne rendez-vous ce 29 décembre au collège Jean XXIII de Gros-Morne pour cette journée d’exposition. Au cours de cette journée, les participants auront la chance d’acheter l’œuvre de l’artiste et la récupérer après l’exposition. L’un des participants aura la chance de gagner un tableau à travers un tirage. Rappelons que la rentrée est gratuite.

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