Le groupement politique AYITI TRANSFÒME vient de franchir une étape déterminante dans sa préparation aux prochaines élections en Haïti. Dans une notification adressée à ses responsables, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) informe officiellement le groupement qu’il a atteint le seuil de 30 000 membres exigé par la législation électorale.
Cette confirmation constitue une avancée importante pour cette coalition politique qui entend participer activement aux prochaines compétitions électorales.
Un cap de 30 000 membres désormais franchi
Le message transmis par le CEP est sans ambiguïté : « votre Groupement Politique AYITI TRANSFOME a atteint le nombre de 30.000 membres exigé par la loi électorale ».
Cette étape ouvre désormais la voie à la prochaine phase du processus. Le CEP annonce que les instructions nécessaires seront communiquées au groupement afin de lui permettre d’accéder à la plateforme d’inscription des candidats.
L’exigence des 30 000 membres constitue l’une des principales nouveautés du cadre électoral de 2026. Le décret électoral impose en effet aux partis, groupements ou regroupements politiques souhaitant présenter des candidats de soumettre une liste d’au moins 30 000 membres, adhérents ou sympathisants jouissant de leurs droits civils et politiques. Cette mesure vise notamment à renforcer l’ancrage populaire des formations politiques et à réduire la fragmentation excessive du paysage partisan haïtien.
Une coalition de seulement 12 partis
L’une des particularités d’Ayiti Transfòme réside dans sa composition. Contrairement à certaines coalitions beaucoup plus larges, le groupement est constitué de 12 partis politiques seulement.
La liste définitive publiée dans le cadre du processus électoral comprend notamment :
- Mouvement Avisé des Patriotes Organisés pour l’Unité (MAPOU)
- Alternative pour Transformer Haïti (ATHA)
- Fanmi Ayisyen Reveye (FAR)
- Force Patriotique pour la Rénovation d’Haïti (FPRH)
- Groupe de Réflexion pour un Réveil Historique Haïtien (GRHA)
- Haïti pour la Foi pour l’Alternance Démocratique (HAFAD)
- INIFOS
- Konbit pou Rekonstwi Ayiti (KOREH)
- Konbit pour le Bien-être et l’Inclusion Totale du Nord-Ouest
- Le National (LN)
- Pou Nou Tout (PONT)
- Veye Yo (VY).
Cette composition donne à Ayiti Transfòme un profil particulier : celui d’une alliance relativement resserrée, mais capable de démontrer une importante capacité de mobilisation nationale.
MAPOU, une composante importante de la coalition
Parmi ces douze formations figure le Mouvement Avisé des Patriotes Organisés pour l’Unité (MAPOU), qui participe activement à la construction de cette dynamique politique.
La présence de MAPOU au sein d’Ayiti Transfòme traduit la volonté du parti de contribuer à une plateforme politique plus large, tout en conservant son identité et ses orientations propres.
Pour MAPOU, cette validation représente également la reconnaissance du travail accompli sur le terrain à travers ses structures, ses militants et ses différentes activités politiques et sociales.
Le parti, fondé en 2021, s’est notamment construit autour d’une vision mettant l’accent sur l’organisation politique, la mobilisation populaire, la jeunesse et les secteurs traditionnellement moins représentés dans les espaces de décision.
Une performance à mettre en perspective
La performance d’Ayiti Transfòme intervient dans un contexte où le CEP a cherché à rationaliser profondément le paysage politique haïtien.
À la clôture du processus de regroupement, 17 groupements politiques réunissant 228 partis ont finalement reçu un avis favorable du CEP, selon la publication officielle de l’institution électorale.
Cette réalité montre l’ampleur de la transformation du paysage politique : des centaines de partis agréés ont été poussés à rechercher des alliances afin de satisfaire aux nouvelles exigences électorales.
Ayiti Transfòme fait donc partie des structures qui ont réussi à transformer cette contrainte en opportunité politique.
Le deuxième groupement à franchir le seuil ?
Selon la notification reçue par les responsables d’Ayiti Transfòme, le groupement serait le deuxième regroupement politique à atteindre le seuil des 30 000 membres exigé par le CEP.
Cette donnée est particulièrement significative. Elle suggère que, malgré les critiques et les difficultés suscitées par l’exigence des 30 000 membres, certaines coalitions parviennent à mobiliser une base suffisamment importante pour répondre aux nouvelles règles du jeu électoral.
Il convient toutefois de préciser que la publication publique du CEP confirmant les groupements agréés ne présente pas, à ce stade, de classement officiel indiquant quel groupement serait premier ou deuxième à atteindre les 30 000 membres. Le caractère de « deuxième groupement » provient donc de la notification communiquée directement à Ayiti Transfòme.
Une nouvelle étape : les candidatures
Le franchissement du seuil des 30 000 membres ne constitue cependant pas la fin du parcours.
Dans sa notification, le CEP précise qu’Ayiti Transfòme recevra prochainement les instructions nécessaires pour accéder à la plateforme d’inscription des candidats.
Le groupement entre ainsi dans une phase encore plus stratégique : la sélection de ses candidats, la constitution de ses dossiers et la préparation de sa participation aux différentes compétitions électorales.
Le CEP a d’ailleurs récemment présenté aux acteurs politiques sa plateforme d’inscription des candidats et les différentes étapes devant conduire à la publication de la liste définitive des candidats agréés.
Une démonstration de force politique
Au-delà de la simple conformité administrative, l’atteinte des 30 000 membres représente pour Ayiti Transfòme une démonstration de capacité organisationnelle et de mobilisation.
Réunir une telle base au sein d’une coalition composée de seulement douze partis constitue un signal politique important dans un pays où le nombre élevé de formations politiques a longtemps été considéré comme un obstacle à la lisibilité du débat électoral.
L’enjeu sera désormais de transformer cette mobilisation numérique et administrative en force électorale réelle, capable de porter un projet politique cohérent et de convaincre les électeurs dans les différentes circonscriptions du pays.
Avec cette validation du CEP, Ayiti Transfòme franchit donc une étape majeure. Le groupement, qui rassemble notamment MAPOU, ATHA, FAR, FPRH, KOREH et Le National, se positionne désormais comme l’une des coalitions à surveiller dans la prochaine bataille électorale haïtienne.
La prochaine échéance sera donc celle des candidatures. Après avoir démontré sa capacité à atteindre le seuil légal de 30 000 membres, Ayiti Transfòme devra maintenant démontrer sa capacité à transformer cette mobilisation en représentation politique et en résultats dans les urnes.
